mardi 17 octobre 2017

MOOC Violences faites aux femmes





Depuis un mois, je suis le cours « Violences faites aux femmes » sur Fun Mooc. La formation, lancée et dirigée par l’Université Sorbonne Paris Cité, est riche, pertinente, éprouvante aussi… Comme ça résonne pas mal avec ce qui se passe sur les réseaux sociaux en ce moment (tu sais, Weinstein, #balancetonporc, toussa toussa), j’ai souhaité partager cet apprentissage avec vous, du moins une partie. Je ne peux que vous encourager à vous inscrire à cette session (nous en sommes à la cinquième semaine sur neuf, les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 30.10.17) ou à attendre la suivante (s’il y en a une !). De mon côté je vais mettre ici quelques archives dans les jours à venir, regroupées par thèmes et actualisés régulièrement.

Bon courage.




La violence envers les femmes constitue une atteinte aux droits fondamentaux de la personne et une entrave importante à l’avancement des femmes dans tous les domaines de la vie. Dans le monde, une femme sur trois subira des violences physiques ou sexuelles au cours de son existence. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que la violence contre les femmes est un problème de santé mondiale de proportion épidémique.
[…]
La persistance des VFF s’explique aussi par la culture du silence, la tolérance de la société, surtout quand les VFF ne sont pas considérées comme une infraction légale, et qu’existe l’inversion des rôles avec la responsabilité et la culpabilité des femmes.
Malgré une augmentation ces dernières années, très peu de femmes portent plainte. Les femmes sont encore réticentes à signaler les faits de violence, et par conséquent, les dénonciations d’actes de violence restent peu nombreuses et l’impunité des agresseurs demeure élevée. Ceci est probablement dû à la peur, à la représentation sociale et aux normes culturelles dans la communauté, mais aussi dû à des conséquences socio-économiques, aux pressions familiales, et aussi à des situations administratives. Il est utile de faire un renforcement des systèmes de collecte des données sur la prévalence pour toutes les formes de violences à l’égard des femmes ainsi qu’un état des lieux des législations pour faire face et punir ces violences en France, en Europe et à l’international.
Introduction du cours

- La question des droits des femmes sur le site du gouvernement.

- Les études de masculinité, un champ délaissé (The Conversation)

- Domination masculine : intervention de Patrick Jean, réalisateur de films et documentaires (dont la Domination masculine, à voir !).


- Hiérarchie entre les sexes : Intervention de Françoise Héritier (qui a déjà eu son mot à dire ici).



Le panorama des violences faites aux femmes présente un caractère multidimensionnel.
- Ce sont tout d’abord des filles manquantes suite à des avortements sélectifs, des abandons ou des mauvais traitements de bébés filles, justifié par la préférence culturelle et sociale accordée aux garçons dans la plupart des cultures. Ces violences originaires sont à leur tour génératrices de violences additionnelles sur les survivantes en termes de trafic, de mariages forcés et l’exploitation sexuelle, en clair de marchandisation des femmes et de son cortège de violences.
- Ce sont ensuite les filles mutilées sexuellement qui souffrent par la suite très souvent d’hémorragies, de douleurs persistantes, d’accouchements difficiles, d’insensibilité ou de douleurs lors des rapports sexuels, sans parler des violences traumatiques psychologiques et autres formes de dépressions et de dévalorisation de soi.
- Ce sont aussi les filles et les femmes refugiées ou migrantes qui, ayant fui des zones de violences se retrouvent surexposées à d’autres formes de violences, en particulier sexuelles, lors du processus de migration lui-même. - Ce sont encore les filles et les femmes face au mariage forcé, précoce ou la prostitution confrontées à ces formes de violences que constituent l’achat, la vente et la mise en esclavage des corps.
- Ce sont enfin les filles et les femmes confrontées au viol et autres formes de violences de genre qui sont d’autant plus intolérables qu’il et elles font partout l’objet d’une très grande tolérance sociale entre invisibilisation, culpabilisation, banalisation lorsque ce n’est pas la valorisation d’un modèle culturel de masculinité agressive.

[…]

LE RÉGIME D’AUTORISATION DES VIOLENCES MASCULINES

Aborder cette thématique revient tout d’abord à s’interroger sur les constituants de la masculinité dans l’ordre patriarcal. II s’agit d’une conjonction d’attributs, de valeurs, de fonctions et de conduites que l’on considère comme constitutives du fait d’être un homme dans une culture donnée. Ces éléments ont composé universellement des modèles dominants considérés comme des schémas socialement et culturellement construits au sein desquels les hommes occupent systématiquement une position de supériorité justifiant en retour la soumission des femmes , mais aussi des mécanismes discriminatoires ainsi que l’exclusion, la suspicion ou la répression sur les autres hommes qui ne s’intègrent pas à ce modèle. Se constitue ainsi une triangulation de la violence masculine qui peut se résumer ainsi :

• Domination et violences des hommes à l’encontre des femmes
• Mécanismes de violences hégémoniques des hommes sur d’autres hommes
• Comportements de violence des hommes sur eux-mêmes

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Volu, je t'aime bien mais j'aimerais ajouter quelque chose à tout ça...